Madagascar est à un tournant historique. Alors que le pays a longtemps évolué dans un modèle marqué par la rente et les oligopoles, une nouvelle orientation économique se dessine : passer enfin à une économie de création de valeur, où les entreprises malgaches — petites et grandes — deviennent les véritables moteurs du développement.
Cette ambition n’est pas théorique. Elle s’appuie sur une vision claire : construire une économie plus souveraine, plus compétitive et plus inclusive, capable de réduire la pauvreté, de stimuler l’emploi, et de placer Madagascar sur une trajectoire de croissance durable.
1. Un modèle économique en transition : tourner la page de la rente
Pendant trop longtemps, l’économie malgache a fonctionné selon un schéma dominé par :
- une logique de rente,
- un petit nombre d’acteurs dominants,
- une faible diversification du tissu entrepreneurial,
- une faible valeur ajoutée locale.
Ce modèle limite la création de richesses, empêche l’émergence d’entreprises compétitives et fragilise les bases fiscales du pays.
La nouvelle orientation économique repose au contraire sur :
✔️ la dynamisation des TPME
✔️ la construction de chaînes de valeur ajoutée
✔️ la montée en qualité de la production locale
✔️ l’équité économique et la concurrence saine
✔️ la valorisation du capital humain
Il s’agit d’une véritable modernisation structurelle.
2. Des entreprises citoyennes, responsables et contributrices
Au cœur de cette transformation se trouve un principe fort :
chaque entreprise doit être un acteur citoyen du développement national.
Cela signifie :
- payer ses impôts et participer à l’élargissement de l’assiette fiscale,
- employer localement et former des talents,
- contribuer à une croissance inclusive,
- soutenir les chaînes de valeur nationales,
- respecter les bonnes pratiques sociales, environnementales et éthiques.
Ce modèle est porteur d’espoir : il redonne à l’entrepreneur malgache un rôle central dans la construction du pays.
3. Les chiffres clés qui montrent le potentiel
Un socle économique à transformer
- PIB 2024 : 17,42 milliards USD
- PIB/habitant : ~545 USD
- Croissance 2024 : ~4,3 %
- Ratio crédit/PIB : 15,2 %, l’un des plus bas d’Afrique (potentiel énorme de bancarisation et financement)
- Plus de 90 % des emplois se trouvent dans l’informel : cela signifie un réservoir gigantesque de productivité et de formalisation.
Une jeunesse dynamique
-
Près de 60 % de la population a moins de 25 ans.
Cette démographie constitue un avantage stratégique : une population jeune, capable, formable et prête à innover.
Un pays riche en ressources
- 4ᵉ plus grand producteur de vanille au monde
- Fort potentiel dans le textile, les services numériques, l’agro-industrie, les énergies renouvelables, le tourisme, le BTP…
Ces éléments constituent des ressources uniques pour bâtir de nouvelles chaînes de valeur.
4. Une orientation soutenue par les partenaires internationaux
La nouvelle stratégie économique bénéficie d’un alignement rare entre Madagascar et les grands partenaires techniques et financiers :
- Banque mondiale
- Union européenne
- FMI
- Système des Nations unies
- Plusieurs partenaires bilatéraux (France, USA, Japon, Corée, Chine…)
Cet alignement signifie deux choses essentielles :
✔️ la crédibilité de la vision
✔️ et la capacité à mobiliser des financements structurants.
Les projets futurs devront intégrer au moins 30 % de retombées directes pour les acteurs malgaches :
TPME locales, prestataires malgaches, main-d'œuvre nationale, programmes de renforcement de capacités.
C’est une révolution.
5. Ce que cette transformation peut changer pour la population
Plus d’emplois qualifiés
La montée en gamme des entreprises locales créera des emplois stables, mieux rémunérés.
Moins de dépendance aux expertises étrangères
Le renforcement des compétences locales réduira les coûts et augmentera la souveraineté.
Une économie plus équitable
Avec la formalisation des TPME, la base fiscale s’élargira, réduisant la pression sur les contribuables actuels.
Des opportunités nouvelles pour les jeunes
Entrepreneuriat, innovation, industries créatives : la jeunesse malgache devient le moteur du changement.
Une croissance plus stable
En s’appuyant sur des chaînes de valeur locales, le pays sera moins vulnérable aux chocs externes.
6. Un horizon porteur d’espoir : Madagascar peut réussir
Malgré les défis, les signaux positifs sont nombreux :
- La croissance repart.
- Les partenaires internationaux s’alignent.
- Les investissements bilatéraux se multiplient.
- Le pays modernise ses infrastructures et ses institutions.
- La jeunesse est plus connectée, plus formée et plus ambitieuse que jamais.
- Les initiatives entrepreneuriales se multiplient dans toutes les régions.
Et surtout :
un consensus se construit autour d’un modèle basé sur la création de valeur locale.
C’est l’une des premières fois que l’économie malgache suit une orientation aussi claire, cohérente et orientée vers l’avenir.
7. Pour réussir : unité, vision et action collective
La transformation économique n’est pas seulement l’affaire des décideurs. Elle demande :
- l’engagement des entreprises,
- la participation active de la population,
- la mobilisation de la diaspora,
- la collaboration des partenaires,
- la discipline collective,
- une vision partagée.
Comme on dit si bien :
« Mila miray hina sy miray vina isika » — nous devons être unis et alignés.
En conclusion, Madagascar écrit un nouveau chapitre
Le changement économique en cours n’est pas un simple ajustement technique.
C’est une réorientation profonde, un nouveau contrat économique, une chance historique pour bâtir une économie :
- plus moderne,
- plus inclusive,
- plus souveraine,
- plus résiliente,
- plus juste.
Madagascar a les ressources, la jeunesse, la créativité et l’ambition nécessaires.
Il reste maintenant à transformer cette vision en actions concrètes — et à construire, ensemble, un avenir où chaque entreprise, chaque citoyen et chaque région participe pleinement au développement du pays.
Madagascar : Une nouvelle orientation économique qui ouvre la voie à un Développement Durable, inclusif et porté par les acteurs nationaux